Torre Vado

Torre Vado : introduction et aperçus historiques

Mamma li turchi… d’abord Barbarossa en 1537, puis son fils Dragut en 1547 arrivèrent dans ce coin de terre en pillant et en dévastant tout le littoral ionien de Gallipoli à Otranto.

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Bétail et denrées pillées, habitants menés comme esclaves dans les terres lointaines de l’est; femmes, enfants et vieux massacrés. Il s’agissait d’une période favorable donc pour construire les tours de repérage et de défense contre les ennemis venant de la mer ; bien 88 tours sont construites sur le littoral salentin et Torre Vado est une de celles encore debout.

Un « cavallaro », un homme muni de cheval, avertissait les villages voisins en cas d’incursions; des chevaliers, préposés à la défense des tours, parcouraient le littoral en communiquant pendant le jour avec des signaux de fumée et avec des torches pendant la nuit. Beaucoup d’entre-elles étaient douées de canons et couleuvrines et c’était surtout grâce à celles-ci que les corsaires furent battus à la fin du XVIIème siècle; en 1846 Ferdinand II ordonne le désarmement de nombreuses tours, quelques-unes deviendront des stations douanières comme Torre Vado.

Port touristique + tour sarrasine : aperçus historiques

Torre Vado est construite pendant les invasions turques en 1568 sur un morceau de côte caractérisé par des eaux peu profondes, utilisée par les pêcheurs comme un facile gué d’accès à la mer. La tour se présente sur deux étages, un sur l’autre, de forme cylindrique. Nommée “Torre Cavallara”, elle était munie d’un cheval utilisé par un messager (cavallaro) qui en cas d’incursions avertissait les villages voisins.

En 1752 les corsaires prirent d’assaut la côte en pillant les bateaux de pêche ; pendant que les sentinelles avertissaient les villages voisins, des coups de canon partirent de la tour en obligeant ainsi les mal intentionnés à se retirer. À la moitié de 1800, avec la réduction des armements, la Tour devint une station douanière et en 1930 elle fut achetée par des privés; restaurée et transformée en 1935, elle présente des créneaux comme couronnement.

Près de la Tour a été créé un petit port, qui permet d’amarrer les bateaux des pêcheurs ainsi que les bateaux et les yachts des touristes; le même port offre les services nécessaires aux propriétaires des bateaux ainsi que la location pour les excursions maritimes.

Territoire, côtes du bas salento d’Otranto à Gallipoli

Plus de 80 kilomètres de côtes entourent la péninsule salentine de Gallipoli à Otranto, avec l’alternance de longues plages sableuses et de hautes falaises, jusqu’à arriver à 100 mètres de hauteur dans le parcours Otranto-Leuca. D’ici des calanques, des îlots, des gorges et de petites anfractuosités modèlent le littoral et le soleil splendide qu’y pénètre à l’intérieur, offre des visions émouvantes. Considérables et spectaculaires sont les grottes de cette côte: le « Tre Porte », « del Diavolo », « dei Giganti », « dell’Elefante », « della Zinzulusa », « dei Cervi », « dei Romanelli », « dell’Uluzzo » et « del Cavallo », différentes les découvertes de faune africaine, matériel céramique du néolithique, et la présence des restes de l’homme de Neanderthal. Les plages magnifiques, le sable fin et une mer vert émeraude ont accordé la juste reconnaissance des drapeaux de « Lega Ambiente », éparpillés sur le territoire.

Zone destinée aux services, marché et salle polyvalente

La courtoisie caractérise les habitants du sud, encore plus, lorsqu’il s’agit d’amusement et de bonne table. La zone destinée aux services, mise à disposition du touriste, représente la carte gagnante pour qui veut savourer pendant les soirées d’été les produits locaux, vendus dans des bungalows appropriés et l’amusement avec des soirées dansantes et des carrousels pour le plus petits.

Une soirée par semaine se déroule le marché qui s’étend sur toute la promenade et qui offre une vaste gamme de produits allant de l’habillement, aux souvenirs, aux objets pour la maison.

Importante résulte être la salle polyvalente qui au-delà d’offrir des informations utiles aux touristes, expose les travaux des artistes locaux.

Les sources

Eaux fraîches et limpides…c’est ainsi, en s’immergeant dans les eaux des sources, qu’on remarque comme celles-ci ont des températures inférieures et un goût plus douceâtre, tout cela est dû à leur origine souterraine. Les sources de Torre Vado naissent entre la fin du littoral sableux et le commencement du récif naturellement bas, l’eau finit directement dans la mer.

Les amateurs de la pêche avec la canne ont ici la possibilité d’exercer leur passe-temps en rapportant un riche butin ; aujourd’hui, comme autrefois, la même eau est utilisée pour nettoyer le poisson et les fruits de mer qui conserveront leur goût inaltéré.

Santa Maria di Leuca Le nom – les origines

Santa Maria di Leuca Le nom – les origines

S. Maria di Leuca au cours du temps a assumé différents noms: Hérodote l’appelait “Promontoire Iapigio” puisqu’elle était située sur le « Capo Iapigio »; Varrone, « Uria », en relation à ses origines; Ovide en tenant compte du fait qu’il s’agissait du premier port qu’on rencontrait en venant de la Grèce lui attribua le nom de « Sibari »; et enfin Horace et Strabone l’appelèrent “Leuca” puisque, selon la géographie homérique, elle se situait à l’Ouest de la Grèce et elle était donc éclairée par le soleil.

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Le nom actuel, Santa Maria di Leuca, a des origines différentes. Leuca dérive du grec Leukòs qui veut dire blanc, toponyme très fréquent en Orient étant donné que l’île de S. Maura sur la mer Ionienne était nommée une fois Leucade. La raison qui peut avoir poussé nos aïeux à recourir à cet adjectif n’est pas certaine. Peut-être il s’agissait de la couleur des habitations ou de l’effet du soleil qui éclairait ces terres à l’aube, surtout pour tous ceux qui venant de l’est avait le soleil derrière leurs épaules, ou encore l’écume de la mer qui créait cette blancheur.

Pour ce qui concerne l’autre partie du nom son origine est chrétienne. La légende en effet veut que précisément dans le même lieu où aujourd’hui se trouve le Sanctuaire un temps se levait un temple dédié à la déesse Minerve, et que ce temple se brisa avec l’apparition de S. Pierre qui, venant de l’est et se dirigeant vers Rome pour prêcher la parole de Dieu, débarqua précisément dans ce point de la péninsule Italique. Une pierre tombale à l’entrée du Sanctuaire datée 43 apr. J.-C. témoigne cet évènement et confirme le passage du paganisme au christianisme et une série de traditions populaires dont une affirme qu’en se dirigeant de Gagliano vers la bifurcation pour Leuca, près d’une ferme il y ait un ancien pilier votif sur lequel on a l’habitude de déposer une pierre en souvenir de la visite effectuée au Sanctuaire.

Selon la tradition S. Pierre se reposa dans ce lieu précis avant de reprendre son chemin. Une autre légende transmise au cours des siècles affirme que près de Giuliano il y ait un puit auprès duquel l’apôtre se serait arrêté pour boire.

Tissage et broderie

Tissage et broderie

Une autre activité prédominante de l’artisanat local dérive des travaux réalisés sur tissu par les brodeuses. Parmi les instruments les plus utilisés il y a l’ancien châssis salentin, photo-pouilles_050de forme rectangulaire et réalisé en bois d’olivier. Pour nombreux cet instrument remonte à la période de la colonisation hellénique.

Un autre art très diffus est la broderie; Parmi les techniques les plus utilisées nous trouvons le “chiaccherino“, fait avec la canette sur les doigts et le “tombolo” qu’on travaillait en tressant les fils autours des autres pointés sur un dessin, placés sur un gros coussin cylindrique rembourré.

Ces deux activités sont liées à la tradition qui veut que chaque épouse possède un riche trousseau dont la réalisation exigeait le recours à des habiles couturières et brodeuses.

Les Grottes de St. Maria di Leuca

LES GROTTES

Le « Capo di Leuca » n’est pas fascinant seulement pour son histoire, pour les légendes ou ses traditions mais surtout pour sa mer et pour ses côtes. Seulement qui ne l’a jamais visité ne sait pas que le « Capo » est peut-être un des seuls lieux au monde capable de mettre tous d’accord. En effet en quelques kilomètres de côte on peut trouver de hautes falaises, parfois difficilement praticables pour les non experts, qui descendent à pic dans la mer Adriatique et à l’ouest de petites plages qui s’alternent à de bas rochers ou encore des vastes étendues de plage sableuse de couleur jaune-or.

ciolo-photo-pouilles_137Tout le littoral est rendu encore plus intéressant, dans toute sa beauté, par la présence de nombreuses grottes karstiques, environ une trentaine, auxquelles l’imagination et la fantaisie de l’homme ont attribué des noms plutôt singuliers. D’une façon générale, pour admirer mieux leur beauté et la variété des couleurs qu’assument les eaux, il est préférable de visiter les grottes situées à l’orient avec la lumière du matin et celles situées à l’ouest pendant l’après-midi parce que l’effet des réfractions lumineuses est beaucoup plus intense et suggestif.

Les grottes à l’ouest. Grotta Porcinara est sûrement la grotte la plus connue de celles existant à Leuca, située sur le versant est de « Punta Ristola » sur la pente d’un talus, à 20 m sur le niveau de la mer et loin 60 m. On y peut accéder par la terre, à travers un sentier qui à partir de la route côtière se détache immédiatement après le pont du « scalo di Castrignano », soit par la mer étant donné que la zone qui se trouve devant la grotte est munie d’amples marches. Entièrement creusée par l’homme, la grotte a deux grandes bouches qui permettent d’accéder à l’intérieur de 3 milieux communicants entre eux. Le premier milieu, situé à l’est, est le plus grand mais c’est aussi celui dans lequel la main de l’homme moderne, insouciant parfois du besoin de connaître et sauvegarder ses propres racines et sa propre histoire, a gravé le plus. En effet la privatisation de cette partie de la grotte a porté à sa séparation des autres deux milieux à travers un mur provisoire, à la fermeture de l’entrée naturelle avec des murages et des grilles en bois et à l’aménagement du plancher avec du béton. Sûrement le spectacle n’est pas des meilleurs surtout pour qui, en accédant à la grotte par la mer, remarque que sa voûte est devenue l’étage de la galerie d’une villa privée. Dans le deuxième milieu, dont les mesures sont 7 m environ pour la partie la plus large et 10 m pour ce qui concerne la profondeur, ce qui frappe c’est la présence de nombreux trous à hauteur d’homme qui servaient une fois à contenir très probablement des images. Le troisième milieu, mais aussi le deuxième, sont les plus riches de témoignages épigraphiques réalisés sur des tableaux rectangulaires obtenus sur les murs intérieurs de la grotte en polissant la roche jusqu’à obtenir une surface uniforme. Les inscriptions en grec et latin reportent des noms de marins (Erotimon, Cordius Aquilinus, etc), de navires (Medaurus, Afrodites, etc) et de divinité (Zeus, Fortuna, etc.). Très importante a aussi été la découverte de quelques inscriptions en messapien sur quelques fragments de céramiques découverts sur l’eschara (structure circulaire semblable à une plateforme destinée aux fonctions religieuses) de la grotte pendant les creusements effectués au cours des années ‘70 par l’institut d’Archéologie de l’université de Lecce. Les recherches archéologiques ont fait lumière sur beaucoup d’incertitudes; de l’examen des monnaies, des inscriptions, des fragments d’os et des vases récupérés dans les alentours de la grotte on a pu affirmer que la grotte était un temps un lieu de culte et de dévotion de beaucoup de divinités païennes parmi lesquelles il y avait le père des hommes et des dieux, Zeus, qui était vénéré avec le nom de Batius. Les pièces montrent en outre que le culte de ces divinités, commencé au cours du VIIème siècle av. J.-C. et terminé dans le IIème sec. apr. J.-C. impliquait non seulement la population autochtone mais aussi les navigateurs et les commerçants qui s’arrêtaient à Leuca, étape d’abordage obligatoire. Leuca avec la grotte Porcinara constituait dans l’antiquité seulement un des innombrables lieux de culte, situé sur la côte adriatique du « Capo », où on adorait les divinités locales nommées par les fidèles avec des noms locaux. Punta Ristola et sa grotte pour beaucoup de siècles était destinée à Sanctuaire messapien, grec et enfin latin et avec punta Meliso, autre grande zone sacrée, elles ont rendu Leuca une importante zone de culte premièrement païenne et puis chrétienne connue dans chaque coin du monde et par des peuples avec des cultures et des religions différentes.

La Grotta del Diavolo est située toujours sur Punta Ristola à environ 150 m de la grotte Porcinara et elle est accessible soit de la mer que de la terre à travers une ouverture haute environ 4 m et large 2m. Elle a été appelée ainsi parce qu’on disait qu’on entendait des grondements sourds que l’imagination populaire attribuait au diable. La grotte se divise en trois parties: l’entrée principale, située à 16 m sur le niveau de la mer, a une ouverture de 6 mètres pour 5 au nord qui s’introduit dans un vestibule légèrement soumis; la partie centrale qui termine après environ 20 m dans un vestibule inférieur qui descend progressivement jusqu’à atteindre le niveau de la mer; le hall qui se rétrécit de plus en plus jusqu’à ouvrir deux voies qui mènent à la mer. Des recherches récentes ont reporté à la lumière une série d’outils et d’armes de silex ou d’os, céramiques, larves de coquillages remontant au Néolithique.

La Grotta del Presepe est ainsi nommée pour sa ressemblance au décor biblique et elle est formée par une série d’arcs bas qui peuvent être franchis seulement lorsque la mer est calme.

La Grotta delle tre Porte est constituée par trois grandes ouvertures qui laissent entrevoir une cavité immense. Sur le mur nord de la pièce intérieure il y a une galerie qui termine après environ 30 m dans une ample chambre avec des stalactites et des stalagmites. Á l’intérieur de celle-ci, appelée la Grotta del Bambino, fut retrouvé une molaire supérieure gauche d’un enfant d’environ 10 ans remontant à l’âge néandertalien. Dans la galerie on a par contre retrouvé des restes de rhinocéros, d’éléphant ancien et de cerf.

La grotta dei giganti est liée à la légende qu’à l’intérieur il y avait les os des géants tués par Hercule le libyen. En réalité son nom dérive de la présence d’os et de dents de pachydermes. Même si on y accède par voie maritime pour la visiter il faut descendre du bateau. Du point de vue paléontologique et archéologique c’est une des grottes les plus intéressantes parce que des études effectuées ont relevé la présence de gisements d’industrie musterienne. D’un petit bord de terre brune – rougeâtre des fragments d’os humains ont été extraits et d’un pot de verre, des tessons byzantins et 5 monnaies de bronze de Constantin VII (913-919) et de Romano I (919-921).

La grotta della stalla a peut-être été appelée ainsi parce qu’un temps elle était utilisée par les pêcheurs pour se réfugier des orages. Les deux grottes qui la composent se prêtent parfaitement à un bain réfrigérant.

La grotta del drago a une bouche de 40 m et elle est profonde 60 m. Sa dénomination dérive de sa ressemblance à la tête d’un dragon qu’on peut remarquer en entrant avec le bateau sur le mur gauche.

Le grotte a levante (Les grottes à l’orient). Grotte Cazzafri. Son nom est d’origine grecque et il signifie “maison de l’écume”, peut-être de l’écume que les flots produisent en se brisant sur ses roches. On y peut accéder seulement en bateau pour jouir d’une immense voûte riche de stalactites, et en entrant encore plus à l’intérieur un balcon permet un bref abordage. Ce qui frappe le plus de leur aspect c’est la main de la nature qui semble avoir dessiné les arcs d’entrée, la mer cristalline et les couleurs des roches.

La grotta del Morigio est ainsi appelée parce que selon la tradition, les Maures s’arrêtèrent avant d’attaquer et détruire Leuca. C’est une grotte cachée qui présente une difficulté d’accès soit de la mer soit de la terre. Elle est connue comme grotte des amoureux aussi parce qu’elle est fréquentée souvent par des couples qui en nageant y accèdent à travers la porte marine.

Sur le versant placé à l’orient un autre lieu à visiter est Pont Ciolo, une crique surmontée par un pont moderne dont le nom dérive du terme dialectal “ciola” qui signifie corbeau noir.

Lecce les origines

Lecce les origines 

La ville de Lecce se lève sur un ancien établissement messapien, comme le confirment quelques tombes avec des trousseaux qui remontent au V-IV siècle av.J.-C., des photo-pouilles_024bas-reliefs du IV siècle. av. J.-C. du souterrain Calmieri et quelques portions du mur d’enceinte. Selon les historiens Lupiae (Lecce) aurait été un petit village bâtit dans la Rudiade voisine de Quinto Ennio. En époque romaine, au II siècle apr. J.-C, elle devint statio militum et successivement municipium et puis colonie. Pendant l’empire d’Adriano, la ville fut pourvue d’une connexion avec le port homonyme, de l’amphithéâtre et du théâtre. Sous l’empereur Marco Aurelio, qui aurait des origines salentines, on eut un développement économique et de bâtiment considérable. Conquise par Totila pour environ 5 siècles elle subit une période de décadence et elle commença à revivre avec la domination normande. Au cours de cette période Roberto il Guiscardo fonda le comté de Lecce, qui devint un important centre de culture chevaleresque, pendant que Tancredi, petit-fils du roi Ruggero II et comte de Lecce et roi des deux Sicile, fit construire l’église des S. Niccolò et Cataldo. Comme dans le reste de la péninsule salentine, après la domination normande, il y eut celle souabe, angevine, et puis, les Brienne et les Del Balzo Orsini.

Ce fut pendant la domination espagnole que Lecce devint un grand centre artistique et culturel, derrière pour importance seulement à Naples. On construisit le château, le mur d’enceinte, un grand Arc de Triomphe en mémoire de Carlo V, aujourd’hui nommé Porta Napoli, parce que construit à l’entrée de la route qui menait à la capitale du royaume et puis on construisit encore en style totalement baroque des églises (S. Croce, S. Irene, S. Maria della Grazia), des palais, (Palazzo del Seggio) et des bâtiments magnifiques.

Au cours du XVIII siècle Lecce subit l’influence de la culture des Lumières qui porta à la naissance des écoles de droit et de mathématique. En 1734, après avoir subi la brève domination autrichienne, à la suite de la révolte contre les bourbons et le danger d’un retour des Espagnols, les nobles prirent le pouvoir malgré une considérable effusion de sang. En 1821, Lecce participa au mouvement carbonaro et en 1848 à la suite de la formation d’un gouvernement provisoire, elle souscrivit le mémorandum des Provinces Confédérées. Ce fut en 1927 que la province de Lecce devint autonome par rapport à celle de Tarente et Brindisi.

LE PHARE DE SANTA MARIA DI LEUCA

LE PHARE DE SANTA MARIA DI LEUCA

À quelques mètres de la spacieuse place du Sanctuaire, l’oeil du touriste ne peut pas éviter la majesté et la grandeur du phare de Ière classe projeté par l’ing. Achille Rossi et fait construire en 1864 à la place d’une tour anti-corsaire voulue par Philippe II sur « punta Meliso ». Il fut mis en fonction pour la première fois le soir du 6 septembre 1866. Le phare qui se dresse jusqu’à 47 m du sol et à 102 m du niveau de la mer offre la possibilité, en parcourant à l’intérieur un escalier en colimaçon de 254 marches, de monter jusqu’à la terrasse circulaire. Il arrive souvent que pendant les jours particulièrement limpides on puisse voir Corfou et les monts Acrocérauniens.

La lanterne, du diamètre de 3 m qui appuie sur une tour octogonale et sur un bâtiment à 2 étages, est munie de 16 lentilles dont 6 libres et 10 sombres, qui projettent des faisceaux de lumière blanche visible jusqu’à 50 km de distance auxquelles s’alternent des faisceaux de lumière rouge qui signalent aux navigateurs les bas-fonds dangereux de la mer d’Ugento. Depuis 1940 le radiophare a aussi fourni un service international en diffusant avec atmosphère claire un signal chaque 4 heures et avec temps brumeux chaque 4 minutes. À l’intérieur de la structure il y a 4 logements dont 3 sont utilisés par les gardiens du phare et un destiné à chambre d’inspection, à salle motrice et salle radiophare. Il y a aussi 3 autres bâtiments destinés à différents services.

Dernièrement, une caractéristique non technique mais délicieusement perceptive, est donnée par la splendide et rare vue qu’on peut apprécier de la terrasse: d’ici la mer, réchauffée par les rayons du soleil, assume mille couleurs et, le regard qui ne rencontre aucune limite et frontière, si non celle d’une nature désarmante, permet au spectateur, même seulement avec l’esprit, de voyager vers l’infini.

LA CUISINE SALENTINE

LA CUISINE SALENTINE

La cuisine Salentine est une gastronomie typiquement méditerranéenne. Dans ce lieu des Pouilles, la valorisation des produits alimentaires agricoles du territoire est un principe qui n’a jamais eu besoin de suivre les modes gastronomiques en vogue au cours des années ; un peu pour nécessité et un peu pour principe, les habitants du Salento sont restés liés aux cours des siècles à leurs produits. L’huile d’olive et le grain sont, parmi les différents produits agricoles, ceux sur lesquels la tradition gastronomique Salentine a construit son patrimoine culinaire. Le premier, certainement non remplaçable avec n’importe quel autre graisse, est considéré la panacée de chaque plat; pour le deuxième il n’y a pas de termes appropriés pour décrire son importance culinaire, économique et photo-pouilles_155sociale au cours des siècles pour les habitants du Salento. Semé dans des terres arides et grandi sous un soleil brûlant, le grain de notre terre a pour les habitants un goût irremplaçable pour l’élaboration des “pâtes faites à la maison”-orecchiette, minchiareddhi et sagne torte. Que peut-on dire du pain typique “pucce, vuliate, pizzi et frise” que nos femmes pétrissaient une ou deux fois par mois et qui selon la dureté du pain, acquise au cours des jours dans les “stipi”(buffets), était utilisé pour différentes préparations culinaires! Parmi ceux-ci, le “pancotto” (pain dur cuit avec une feuille de laurier et assaisonné avec un fil d’huile d’olive). On ne gaspillait rien, au contraire!

Parmi les viandes, très utilisées autrefois, il y avait la viande équine qui certainement n’était pas  tendre comme aujourd’hui, puisque le cheval était d’abord utilisé dans les champs et seulement lorsqu’il était trop âgé pour suivre son patron il était destiné à un autre emploi. Cependant la viande la plus utilisée par le peuple était sans aucun doute le soi-disant “quinto quarto” c’est-à-dire toutes ces parties de l’animal que les personnes aisées n’achetait pas et qui par conséquent restaient au propriétaire de l’animal, comme par exemple les ris, le foie, la rate, le rognon, la cervelle, les tripes, etc. Ces parties sont entrées à plein titre dans différentes préparations typiques de notre cuisine, la plus connue est le”gnomareddho” typique de chaque village du Salento. D’autres spécialités typiques sont le « sanguinaccio » (sang cuit avec des morceaux de lard), les saucisses, les “grives” chassées jalousement et savamment cuites en sauce.

Les fromages sont parmi les plus grandes spécialités du territoire. Le besoin d’épargner pour des temps plus durs comportait la transformation du lait en fromage qui était successivement affiné, salé et baigné dans l’huile. Dans notre territoire prévaut le lait de chèvre et de mouton avec la conséquente production de « caprini » et « pecorini » excellents. Une des curiosités gastronomiques d’autrefois est le soi-disant “taglio” de fromage râpé avec du pain sec râpé qui était vendu comme adoucisseur du fromage, mais qui servait surtout pour épargner ce qu’autrefois était une aliment précieux.

Que dire en outre du poisson, l’aliment qui pour sa caractéristique nutritionnelle a équilibré le régime de la population. Naturellement la tradition typique a vu de grandes consommations d’anchois, peu chers mais riches de “lysine” qui sans le savoir a baissé le cholestérol de toutes les générations d’autrefois. Aussi dans ce cas un des plats traditionnels est une préparation née pour conserver longtemps le pêché, le poisson “à la sauce” (poisson enfariné et frit, assaisonné avec du vinaigre, de la menthe et de l’ail) ou le “scapece” de Gallipoli d’origine arabe avec un ajout de safran.

Le Salento est aussi un arrière-pays, on consomme donc beaucoup de légumes frais – des chicorées, des fenouils, du céleri et des “pestanache”, carottes typiques avec un goût extraordinaire; mais aussi des légumes cuits, parmi les plus connus la “pignata” qui prend le nom du récipient en terre cuite dans lequel étaient cuits les légumes. Parmi les gâteaux et les fruits on indique enfin les “purceddhuzzi”,  une pâte douceâtre à la forme de « gnocchi », frite et recouverte de miel et aussi les figues sèches farcies avec du fenouil et des amandes.

Il nous est impossible d’indiquer tous les merveilleux plats qui caractérisent notre culture, veuillez donc nous pardonner mais nous ne voulons pas vous priver du goût de découvrir d’autres préparations typiques offertes par notre territoire.

Barbarano del Capo

Barbarano (Aperçus historiques)

La naissance de Barbarano pourrait se situer en 1190, quand les populations de Vereto furent obligées à abandonner leur propre village après le siège des Maures. Ils préférèrent la colline comme lieu de renaissance en l’appelant Vorano, pour ne pas oublier les peuples Barbares qui les avaient contraints à la fuite, en effaçant ainsi une communauté connue depuis la nuit des temps dans tout la Méditerranée.

Quatre Familles se sont succédées pour guider le village : les Capece (1190-1297) suivis par la famille Dell’Antoglietta (1297-1350), puis les D’Aquino pour une génération, avec le retour encore Dell’Antoglietta pour cinquante ans et enfin les Capece (1442-1817).

Leuca Piccola

Le Complexe de « Santa Maria del Belvedere » fut voulu par le baron Don Francesco Annibale Capece de Barbarano en 1685 pour donner un grand lustre à son village, et accorder un repos aux pèlerins avant d’arriver au Sanctuaire de la Sainte Vierge De Finibus Terrae.

photo-pouilles_026L’entier Complexe était doué d’une petite église destinée au culte, d’une auberge et de souterrains creusés dans le carparo longs 70 mètres où les pèlerins pouvaient se reposer. Il y avait en outre trois puits, des écuries et des mangeoires pour les bêtes.

On peut accéder à l’église (4,20×6) à travers un pronaos en style néoclassique, au-dessus est situé le blason de la famille, le lion rampant, en haut la fresque de la Trinité.

À l’intérieur l’église est peinte à fresco avec les Saints de l’église: S. Leonardo, S. Gennaro, S. Lucia, S. Pasquale Baylon, S. Lazzaro, S. Barbara, S. Marina, S. Oronzo, S. Francesco da Paola et les quatre Évangélistes.

Dans la sacristie de facture estimable sont présents deux confessionnels creusés dans le mur, la clef de voûte et un petit bénitier pour le lavage des mains du prêtre.

Un petit escalier porte à l’étage supérieur en constituant ainsi une église fortifiée avec couverture à cabane.

Les « Vore »

Les « Vore » sont deux cavités de nature karstique, situées à l’abri du Complexe de Leuca Piccola à Barbarano. La « Vora Grande » est profonde 32 mètres, longue 24 et large 16; elle a une forme ellipsoïde et une riche végétation méditerranéenne. La Vora Piccola a des dimensions légèrement inférieures, elle est profonde 30 mètres, longue 22 et large 16; contrairement à la première celle-ci n’est pas visitable.

Différentes sont les légendes transmises au cours des siècles, quelques-unes affirment qu’il s’agit de deux volcans éteints ou des gouffres créés au cours d’une inondation en 1615. Encore plus magique celle historique de l’invasion des Turcs en 1480 contre Salve ou celle contre les Algériens en 1537-1547. L’enfer ouvrit sa bouche en hurlant sa colère et ses menaces, mais le peuple imperturbable y jeta 15 soldats turcs; le diable se calma. Pour la deuxième fois l’enfer ouvrit sa bouche encore plus grande et le peuple y jeta de nouveau l’ennemi, dès lors le silence.

Torre Capece

La Torre Capece est le dernier élément d’un château baronnial du seizième siècle construit par la famille Capece ; la forme quadrangulaire détermine sa majesté. Vingt corbeaux ornent la tour, des mâchicoulis et différentes ouvertures témoignent sa fonction défensive imposante.

Dix-huit mètres de hauteur sont repartis en trois étages, le premier étage était la place de garde avec une seule fenêtre et dessous il y avait une trappe dans le plancher, probablement une tombe ou un simple refuge.

Un escalier étroit mène au deuxième étage agréablement ample, avec quatre fenêtres pour chaque côté, le même escalier mène à la terrasse qui présente sept ouvertures utilisées pour y ranger les canons. Au rez-de-chaussée la cour permet l’accès aux logements et locaux de service, à gauche l’écurie avec des voûtes en berceau et le pavage originaire; probablement il y avait aussi un moulin et un splendide jardin qui témoignaient la vie complète de la cour. Il y avait aussi les milieux pour les gardes et deux puits utilisés par la population ; un de ces puits est aujourd’hui ouvert au public. Sur le portail d’entrée le blason de la famille, le Lion Rampant, avec l’inscription “DEPOSE I POTENTI ED ESALTO’ GLI UMILI MDV (1505)” (« IL DÉPOSA LES PUISSANTS ET EXALTA LES HUMBLES »).

Santa Maria di Leuca

Santa Maria di Leuca – Pouilles

« De ce que l’histoire témoigne, à travers ses documents et ses monuments, ses légendes et ses traditions, Santa Maria de Leuca, synonyme de lumière, promontoire riant avec ses caractéristiques fascinantes, a été la terre des païens: dans la mythologie grecque, un dieu voulut se délecter de sa beauté, en plaçant l’extrême pointe à l’est. Dernier grabat de Leucasia, la sirène vaincue par Ulysse, qui lui donna origine.

photo-pouilles_118Terre de conflits, convoitée, des messapiens aux Sarrasins…

D’abord terre de conversion: avec l’apparition de Saint Pierre, le temple dédié à Minerve, aujourd’hui Basilique de la Sainte Vierge Marie, se brisa; et de Foi ensuite: destination des pèlerins de chaque pays…

 

Témoin de civilisation qui a laissé de nombreuses traces, dans le bien et dans le mal; passage obligatoire d’une partie significative de l’histoire du monde, St. Maria di Leuca c’est l’histoire…

Une histoire lointaine mais incroyablement proche, que l’on peut toucher, respirer, admirer, vivre…

une histoire passée mais présente, parce qu’elle se régénère et elle se réécrit jour après jour à travers la contribution unique des innombrables histoires humaines qui s’entrelacent…

la contribution du pèlerin: élément fondamental d’une mosaïque de plus en plus grande, avec ses mille couleurs et nuances changeantes, qui se mélangent à un chef-d’oeuvre naturel, qui t’embrasse de l’aube au couché du soleil, à travers le rythme pressant du Soleil, de la mer, du vent, des parfums intenses et des réalités sensorielles, des perceptions et des réminiscences; pour enfin se calmer dans la sublime et fugitive conscience cénesthésique… harmonie du corps et de l’esprit.

Santa Maria de Leuca…

Terre de conquête ou de passage:

Qu’il s’agisse d’autrefois ou d’aujourd’hui, Leuca sera toujours Leuca: destination mystique des hommes de tout lieu…terre à découvrir »!

 

G. Lecci

Salento: Les Messapiens: le peuple entre les deux mers

Les Messapiens: le peuple entre les deux mers

Les Messapiens étaient les anciens habitants du Salento pendant que Peuceti et Dauni habitaient respectivement dans la terre de Bari et de Foggia. Sur la base de tout ce qui a été dit précédemment pour Erodono, les Messapiens avaient une origine crétoise-mycénienne pendant que pour d’autres sources ils naissent d’un mélange entre crétois et illyriens. Successivement en tenant compte du fait que les rapports commerciaux et migratoires entre les deux rives de l’Adriatique étaient très fréquents, on a supposé qu’ils étaient d’origine balkanique. Récemment on a démontré à travers des sources différentes, parmi lesquelles Polibio (III,88,4), Varrone et Plinio il Vecchio, que l’origine de cette civilisation s’insère d’une façon cohérente dans la grande famille des peuples de la Japigia des Pouilles de provenance illyrienne, c’est-à-dire d’une région située au nord de l’actuelle Albanie.

plage-pouilles_028En outre des sources littéraires attribuent aux Messapiens aussi le surnom de Pelasgi, et ils divisent la Messapia en deux peuples distincts: les Calabri, qui occupaient la zone centre-orientale de l’Adriatique et les Salentini qui s’étaient par contre établis dans la zone ionienne. D’ici dérive la dénomination de Sallentia donnée à la péninsule par Strabone et par Plinio il Vecchio.

La plupart des vagues migratoires provenant des Balkans se vérifièrent autour du VIIIème siècle av.J.-C. quand les rapports avec les Mycéniens se desserrèrent à cause des Doriens qui envahirent la Grèce et qui étouffèrent la civilisation mycénienne. Ceci uni aux irruptions des populations des Apennins, porta une partie des Iapigi à se déplacer dans la péninsule salentine et à assumer le nom de Messapiens, c’est-à-dire de peuple entre les deux mers.

Ils occupèrent toute la péninsule triangulaire salentine qui avait comme sommets Brindisi et Tarente à est et ouest et S.Maria de Leuca au sud.

Dès le début, la péninsule s’entoura de nombreuses petites villes qui atteignirent leur plus grande splendeur au VI-Vème siècle av. J.-C., quand on introduisit l’écriture et l’adoption de l’alphabet grec, l’emploi des pratiques religieuses, quelques-unes très semblables à celles hellénistiques et la transformation des cabanes en habitations avec plusieurs chambres, une cour, des murs en pierre et couverture en tuiles. Ce sont vraiment ceux-ci les éléments qui sont pris en considération pour justifier la provenance de ce peuple de l’Illyrie. Pour les historiens, en effet, ils seraient arrivés de l’Albanie à Otranto autour de l’année 1000 av. J.-C. pour descendre ensuite jusqu’à S. Maria di Leuca et remonter jusqu’à Tarente.

Dans cette civilisation chaque groupe d’établissements voisins ne devait pas être nécessairement une ville, un microcosme peut-être autonome du peuple délimité par les murs, mais uni aux autres de façon idéale par le culte des divinités communes qui représentaient donc le trait d’union entre les différentes communautés qui maintenaient allumé le « feu sacré public », ainsi comme chaque famille devait tenir allumé le feu domestique comme symbole d’unité familiale.

Avec les centres messapiens, un autre élément qu’il faut considérer pour comprendre mieux cette civilisation sont les nécropoles. Beaucoup sont parvenues jusqu’à nos jours dans un bon état de conservation. Elles étaient creusées généralement dans les terrains suivant la forme des sarcophages rectangulaires de grandeur différente et elles contenaient au-delà des restes humains d’un ou plusieurs individus aussi des armes, de riches trousseaux de vaisselle en bronze ou céramique et parfois des monnaies d’argent. On a découvert que quelques nécropoles ont aussi été utilisées pendant la période romaine ou encore par plusieurs composants d’un noyau familial.

La civilisation messapienne était très développée par rapport aux autres peuples qui habitaient la péninsule italique au point que les mêmes romains avaient beaucoup à apprendre lorsqu’en 272 av.J.-C. ils conquirent Tarente, Brindisi et tout le Salento Messapien qui fut définitivement romanisé en 90 av.J.-C.

Les restes les plus importants de cette civilisation ont été retrouvés dans le bas Salento: en effet entre Lecce et S. Maria di Leuca sont présents bien 7 centres messapiens:

Vaste, de Poggiardo, est le plus riche de pièces. Ici on a retrouvé des dépôts funéraires, des objets en argent et des restes de murailles étendues reconductibles à l’époque messapienne. Les études effectuées dans ce centre messapien ont permis de découvrir une série d’information concernant la topographie du site dans ses différentes phases de développement. Dans la partie centrale et plus haute de l’agglomération, près de l’actuelle place Dante on a retrouvé des traces consistantes du centre habité messapien remontant au VIII-VII siècle av.J.-C. De celles-ci il a été possible de reconnaître la présence de cabanes à la forme ovale avec un mur d’enceinte de pierres à sec, des déchargements de céramiques provenant de la Japigia et du matériel d’importation grec. Autour du IV-IIIème siècle av.J.-C. les habitations se caractérisées par des fondations à base rectangulaire constituées par plusieurs milieux disposés autour d’une cour. Les milieux avaient probablement des planchers en tuf comprimé et une couverture en tuiles. À l’intérieur de l’ancienne agglomération était situé l’apogée des Cariatides en pierre de Lecce remontant au IVème siècle av.J.-C. pendant que dans la banlieue se développait la nécropole.

Un autre important centre est Vereto, près de Patù, dans les alentours de Leuca. Le premier à parler de Vereto fut Erodono qui au Vème siècle av. J.-C., dans un de ses récits, affirma que les Crétois, en partant de la Grèce pour rejoindre la Sicile, côtoyèrent la Japigia mais surpris par une tempête ils furent transportés sur les côtes de Leuca où ils fondèrent beaucoup de villes parmi lesquelles Iria qui pour quelques spécialistes correspond à la ville de Vereto. Avec l’arrivée des Romains, Vereto devint une importante mairie (la preuve plus évidente est donnée par une pierre du I-IIème siècle apr. J.-C. présente dans l’église de S. Giovanni Battista à Patù) et elle fut liée au reste de l’empire par la Via Traiana qui a été construite par l’empereur Traiano autour du 106 apr.J.-C. comme prolongement de la via Appia. Ce qui reste aujourd’hui de cette ville sont les pièces archéologiques et épigraphiques, les restes des murailles de Vereto et la Centopietre, une construction rectangulaire construite avec 100 blocs de pierre provenant des ruines de l’ancienne ville de Vereto. La naissance de ce monument est liée à de nombreuses légendes. La plus probable veut qu’ avant la bataille entre Chrétiens et Sarrasins, dans une zone nommée « Campo di Re » près de Patù, le chevalier Geminiano aurait été envoyé par les Chrétiens comme messager de paix. Ici il fut tué barbarement et cet évènement déclencha la terrible bataille du 24 juin 877 qui marqua la victoire des chrétiens qui réussirent aussi à récupérer le corps du pauvre Geminiano. Ce fut vraiment au cours de cette occasion que la Centopietre fut construite. Cette thèse est aussi confirmée par de nombreuses fouilles réalisées au cours des années soixante qui ont porté à la découverte de tombes situées à l’intérieur et à l’extérieur de la structure, toutes orientées avec les pieds vers l’orient, selon la tradition byzantine. Un monument semblable à la Centopietre est appelé Cisternale et il est situé dans un autre centre messapien: Vitigliano. Les deux structures ont en commun la forme, l’orientation et le système constructif de la couverture à plaques énormes de sablon à double versant. La seule différence est donnée par le fait que la Centopietre se développe sur l’étage à grands blocs parallélépipèdes sans mortier pendant que le Cisternale est creusé dans la roche avec une superposition artificielle de la couverture.

Ceglie Messapica est le centre qui porte dans son propre nom le témoignage de ses origines; Ceglie dérive très probablement de “kailia” qui signifie dos, éminence, parce qu’il semble que la partie la plus ancienne de la ville fût placée sur la sommité du col où se lève maintenant la place Ognissanti. Dans le musée Archéologique sont présents de riches trousseaux funéraires et une série d’inscriptions trouvées dans de nombreuses tombes messapiennes. C’est par contre, dans le musée de Berlin, qu’est conservée une importante pièce : le cratère à images rouges qui représente la lutte des messapiens contre Diomède.

Autour de l’ancienne agglomération de Ceglie étaient présents trois murs d’enceinte visibles encore aujourd’hui. Le premier est le plus étroit et ancien et il est formé par des blocs mégalithiques à sec pendant que les autres deux situés l’un près de l’autre sont unis entre eux par des murs à sec et un boyau extérieur et ils comprennent un territoire beaucoup plus vaste que l’originaire. On a découvert aussi une porte de la ville avec un boyau extérieur haut 4 m et avec une tour et un quatrième mur d’enceinte avec des Specchie ayant la fonction d’aviser et de défendre. Pour comprendre la raison de la présence d’un système si complexe de murs il faut faire référence à l’histoire. Ceglie avec Oria, Manduria et Carovigno constituaient les premiers centres messapiens qui s’opposaient à l’expansion de Tarente vers l’arrière-pays. En temps de paix et de tranquillité la ville fut munies d’enceintes serrées et proches au centre habité pendant que lorsque les rapports avec Tarente se firent plus tendus les habitants pour se défendre furent obliger à construire une série de murs et de specchie.

Cavallino est un centre messapien qui a conservé intégralement son homogénéité sociale et culturelle. Pour se défendre de Tarente à la fin du VIème siècle av. J.-C., les habitants décident de construire un solide mur d’enceinte autour de la ville et de creuser un fossé tout autour de son périmètre. Les fouilles effectuées dans cette zone ont permis de découvrir beaucoup d’objets: des clous, des aiguilles, de petites boules et des rondelles de terre cuite qui étaient utilisées pour faire jouer les enfants et une petite pyramide avec une inscription dédiée à la divinité féminine Arzeria. Les tombes pour adultes uniformes dans les dimensions et peu profondes avaient une forme rectangulaire, elles étaient creusées dans la roche et elles étaient recouvertes par des plaques en pierre de Lecce. A l’intérieur on a retrouvé des vases, des armes en silex, des figures et des colliers en bronze, beaucoup de monnaies et des clous.

Manduria est l’ancienne capitale messapienne qui doit sa célébrité à la résistance historique que les Messapiens opposèrent aux habitants de Tarente qui voulaient élargir leurs possessions. Un des premiers noyaux de la ville était certainement situé dans les alentours du saut-de-mouton pour Lecce où on a récemment découvert une nécropole remontant au VIIème siècle av.J.-C., dépourvue de fortifications. La Manduria Messapienne était entourée par trois enceintes dont seulement une partie est restée inaltérée jusqu’à nos jours.

L’enceinte intérieure, dont le diamètre est d’environ 842 m et le périmètre de 2187m, a la forme d’un pentagone irrégulier, elle est très haute et elle est formée par des blocs irréguliers superposés les uns aux autres sans l’emploi de mortier qui remontent au Vème siècle av. J.-C. La deuxième construite comme renforcement de la première, remonte au IVème siècle av.J.-C., lorsque se développèrent les objectifs expansionnistes de l’hellénique Tarente vis-à-vis des Messapiens. La troisième enceinte, celle extérieure est la plus imposante, soit pour ses dimensions soit pour les sensations qu’elle suscite. Elle a un périmètre d’environ 5500 m, elle est large entre 5 et 6 m et elle est constituée par deux paramètres extérieurs de blocs carrés à la forme de parallélépipède et parfois de cube et par un remplissage de pierres et de terre. Elle court parallèlement à la première et à la deuxième enceinte sur tous les côtés sauf que sur celui méridional où elle assume une forme irrégulière et qui probablement était le côté le moins dangereux. La partie septentrionale de la dernière enceinte est caractérisée soit par la présence de nombreux passages souterrains qui unissaient la ville avec l’extérieur soit par une importance majeure. Tout ceci fait penser que le côté le plus dangereux exposé à l’attaque des ennemis était celui tourné vers Oria et la côte de l’Adriatique.

Cette dernière enceinte est munie aussi d’un fossé large 6,5 m et profond 5 m. Sur les murs d’enceinte, qui étaient utilisés comme routes de rocade, étaient présentes des portes, peut-être quatre, qui permettaient d’accéder à la ville et en proximité desquelles il y avait l’interruption du fossé. On peut encore aujourd’hui remarquer les trous des gonds qui soutenaient une porte défendue par une tour dont il reste seulement la base rocheuse de forme circulaire.

Près des murailles ont été retrouvées des tombes isolées et de vastes nécropoles dont la plus grande comprend 1284 tombes et représente une des plus grandes nécropoles explorées non seulement dans une zone messapienne mais aussi dans la zone la plus vaste des Pouilles. Les tombes les plus nombreuses remontent au VI-IIIème siècle av.J.-C. mais on a aussi retrouvé des trousseaux funéraires remontant au IIème siècle av.J.-C. et puis à l’époque romaine.

D’autres centres messapiens furent Alezio, Ugento, Otranto, Rocavecchia, Rudie, Lecce, MuroLeccese et Soleto.