La terre cuite en Salento

La terre cuite en Salento

L’origine de la terre cuite est ancienne étant donné que ce matériel s’est imposé à l’homme primitif d’une façon ou d’une autre grâce à la facilité de son travail et à l’abondance de la matière première. Un témoignage de l’ancienneté et de la diffusion de l’emploi de ce matériel, est donné par les découvertes des fouilles archéologiques qui ont reporté à la lumière les trozzelle messapiennes et des amphores. L’art coroplastique et de la décoration se répandirent de la Grèce ancienne jusqu’au colonies de la Magna Grecia où ils assumèrent des caractéristiques propres avec des effets de grande vivacité.

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Les centres importants pour la production et la diffusion d’ouvrages réalisés en terre cuite sont S. Pietro in Lama, Cutrofiano, Galatina et Lequile. Cosimo De Giorgi dans ses Nouvelles écrit: « … San Pietro in Lama qui est un des villages les plus industrieux de notre milieu. (…) Il y a cependant à quelques kilomètres de distance du village une grandiose usine fondée en 1872 par le Cav. Angelantonio Paladini, qui pour la qualité et l’importance des travaux qu’elle produit est la première de la province et elle peut rivaliser avec les meilleurs d’Italie. (…) D’abord on produisit seulement les terres cuites, c’est-à-dire des briques et des tuiles en argile et de la vaisselle ordinaire et des vases décoratifs en faïence; puis on introduisit l’usinage de la faïence, et enfin on arriva à celle des faïences artistiques peintes, à l’imitation de celles des siècles XVI et XVII. » Avec la mort de Paladini l’activité de l’usine cessa mais beaucoup d’oeuvres sont conservées dans la Palais Tamburino-Cezzi et dans celui de Scardino à Lecce.

Á Cutrofiano l’ancienne tuilerie Colì produit de la terre cuite destinée surtout aux objets d’usage quotidien tels que plats, verres et vaisselle de chaque genre. Monochromes ou décorés avec le coq classique ou avec de petites fleurs, ces outils sont présents un peu dans toutes les maisons. Une grande curiosité est éveillée par les poupons c’est-à-dire des figures humaines réalisées entièrement à la main et destinées à décorer les crèches de Noël et les sifflets. L’origine de ces derniers est très ancienne et elle se réfère à la période lorsque les bergers qui rejoignaient le pâturage s’amusaient à entonner des mélodies avec des sifflets crées par eux mêmes. En outre la tradition populaire veut que le sifflet serve à éloigner les mauvais esprits et à porter bonne chance.

Le procédé artistique qui permet la transformation de l’argile en ouvrage est très simple. L’argile destinée à être modelée subit une première dépuration par lavage et décantage, dans des bassins appropriés ou en exploitant les conditions atmosphériques. Ceci permet d’éliminer les impuretés, de sélectionner le matériel argileux plus fin et d’amalgamer les autres matériaux qui puissent en améliorer la qualité. Pour obtenir un bon pétrissage, il faut surtout régler le contenu de l’eau en relation à l’argile. Après avoir été modelée, desséchée, imperméabilisée et décorée l’argile est cuite dans des fours spéciaux ou desséchée naturellement. Pour modeler l’argile au-delà des mains, on utilise aussi le tour et les moules.

Le fer battu Salento

Le fer battu Salento

Aujourd’hui comme autrefois, les instruments et les méthodes pour le travail du fer sont presque les mêmes: forges, marteaux, enclumes sont utilisés pour réaliser des lampes, des grilles, des chandeliers et des lits. Le procédé technique consiste à « battre » le fer soumis à la chaleur sur l’enclume avec le marteau. La diffusion tardive du travail du fer est due soit à l’impossibilité d’atteindre des températures élevées pour sa fusion (1535° C) et travail mais aussi à la considération insuffisante que nos aïeux avaient de ce métal “mou” qui exigeait un long travail. En effet il fut apprécié seulement lorsqu’on découvrit qu’en le refroidissant dans l’eau lorsqu’il était encore ardent il devenait un matériel très semblable au bronze et qu’il augmentait ses caractéristiques de résistance et dureté. Ce fut ainsi que le fer tempéré remplaça beaucoup d’outils en bronze jusqu’à être utilisé pour réaliser des objets de différent type et genre.

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En observant beaucoup d’immeubles et villas, situés dans le Salento, et construits entre la fin du ‘800 et les premières années du ‘900, on peut remarquer des balcons avec de magnifiques rampes en fer battu qui vont du style baroque au liberty. Á Lecce quelques exemples de balcons de ce type sont visibles sur les façades des Palazzo Adorno, Palazzo Calmieri, Palazzo Rossi, Palazzo Marrese, Palazzo Guarini et nombreux d’autres. Splendides sont aussi les grilles des cimetières, des sanctuaires et des petites chapelles.

Mais le travail du fer a touché aussi la décoration domestique: des dossiers des lits anciens modelés à la main et parfois décorés avec des ronds peints avec des motifs floraux aux berceaux des bébés, des balustrades raffinées des escaliers aux lustres.

La danse à l’escrime ou des épées – Pizzica

La danse à l’escrime ou des épées – Pizzica

c’est une danse très ancienne qui chaque année est proposée au couché du soleil du 15 août à l’aube du 16 août dans la place qui se trouve en face au Sanctuaire de S. Rocco à Torrepaduli à l’occasion des célébrations en honneur du Saint. Il en dérive des duels très probablement de paysans qui se déroulaient pour défendre l’honneur ou l’orgueil entre des familles rivales ou à l’occasion des foires et des marchés. Même si on ne peut pas l’affirmer avec certitude, cette danse semble avoir été introduite par les gitans qui géraient les principaux marchés de bétail.

La danse est accompagnée par les immanquables tambourins salentins et par l’harmonique à bouche. Les danseurs se défient dans une espèce de duel qui autrefois prévoyait l’emploi de couteaux, aujourd’hui non utilisés. Le but principal de la danse est celui de frapper l’adversaire, et chaque geste simule les mouvements typiques de la lutte avec les couteaux en suivant les règles du combat: ne jamais tourner le dos à l’autre, être toujours bien vigilant et tenir les distances. La danse prévoit la présence de deux danseurs qui sont progressivement remplacés par des personnes présentes dans le groupe.

Torre Vado

Torre Vado : introduction et aperçus historiques

Mamma li turchi… d’abord Barbarossa en 1537, puis son fils Dragut en 1547 arrivèrent dans ce coin de terre en pillant et en dévastant tout le littoral ionien de Gallipoli à Otranto.

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Bétail et denrées pillées, habitants menés comme esclaves dans les terres lointaines de l’est; femmes, enfants et vieux massacrés. Il s’agissait d’une période favorable donc pour construire les tours de repérage et de défense contre les ennemis venant de la mer ; bien 88 tours sont construites sur le littoral salentin et Torre Vado est une de celles encore debout.

Un « cavallaro », un homme muni de cheval, avertissait les villages voisins en cas d’incursions; des chevaliers, préposés à la défense des tours, parcouraient le littoral en communiquant pendant le jour avec des signaux de fumée et avec des torches pendant la nuit. Beaucoup d’entre-elles étaient douées de canons et couleuvrines et c’était surtout grâce à celles-ci que les corsaires furent battus à la fin du XVIIème siècle; en 1846 Ferdinand II ordonne le désarmement de nombreuses tours, quelques-unes deviendront des stations douanières comme Torre Vado.

Port touristique + tour sarrasine : aperçus historiques

Torre Vado est construite pendant les invasions turques en 1568 sur un morceau de côte caractérisé par des eaux peu profondes, utilisée par les pêcheurs comme un facile gué d’accès à la mer. La tour se présente sur deux étages, un sur l’autre, de forme cylindrique. Nommée “Torre Cavallara”, elle était munie d’un cheval utilisé par un messager (cavallaro) qui en cas d’incursions avertissait les villages voisins.

En 1752 les corsaires prirent d’assaut la côte en pillant les bateaux de pêche ; pendant que les sentinelles avertissaient les villages voisins, des coups de canon partirent de la tour en obligeant ainsi les mal intentionnés à se retirer. À la moitié de 1800, avec la réduction des armements, la Tour devint une station douanière et en 1930 elle fut achetée par des privés; restaurée et transformée en 1935, elle présente des créneaux comme couronnement.

Près de la Tour a été créé un petit port, qui permet d’amarrer les bateaux des pêcheurs ainsi que les bateaux et les yachts des touristes; le même port offre les services nécessaires aux propriétaires des bateaux ainsi que la location pour les excursions maritimes.

Territoire, côtes du bas salento d’Otranto à Gallipoli

Plus de 80 kilomètres de côtes entourent la péninsule salentine de Gallipoli à Otranto, avec l’alternance de longues plages sableuses et de hautes falaises, jusqu’à arriver à 100 mètres de hauteur dans le parcours Otranto-Leuca. D’ici des calanques, des îlots, des gorges et de petites anfractuosités modèlent le littoral et le soleil splendide qu’y pénètre à l’intérieur, offre des visions émouvantes. Considérables et spectaculaires sont les grottes de cette côte: le « Tre Porte », « del Diavolo », « dei Giganti », « dell’Elefante », « della Zinzulusa », « dei Cervi », « dei Romanelli », « dell’Uluzzo » et « del Cavallo », différentes les découvertes de faune africaine, matériel céramique du néolithique, et la présence des restes de l’homme de Neanderthal. Les plages magnifiques, le sable fin et une mer vert émeraude ont accordé la juste reconnaissance des drapeaux de « Lega Ambiente », éparpillés sur le territoire.

Zone destinée aux services, marché et salle polyvalente

La courtoisie caractérise les habitants du sud, encore plus, lorsqu’il s’agit d’amusement et de bonne table. La zone destinée aux services, mise à disposition du touriste, représente la carte gagnante pour qui veut savourer pendant les soirées d’été les produits locaux, vendus dans des bungalows appropriés et l’amusement avec des soirées dansantes et des carrousels pour le plus petits.

Une soirée par semaine se déroule le marché qui s’étend sur toute la promenade et qui offre une vaste gamme de produits allant de l’habillement, aux souvenirs, aux objets pour la maison.

Importante résulte être la salle polyvalente qui au-delà d’offrir des informations utiles aux touristes, expose les travaux des artistes locaux.

Les sources

Eaux fraîches et limpides…c’est ainsi, en s’immergeant dans les eaux des sources, qu’on remarque comme celles-ci ont des températures inférieures et un goût plus douceâtre, tout cela est dû à leur origine souterraine. Les sources de Torre Vado naissent entre la fin du littoral sableux et le commencement du récif naturellement bas, l’eau finit directement dans la mer.

Les amateurs de la pêche avec la canne ont ici la possibilité d’exercer leur passe-temps en rapportant un riche butin ; aujourd’hui, comme autrefois, la même eau est utilisée pour nettoyer le poisson et les fruits de mer qui conserveront leur goût inaltéré.

Tissage et broderie

Tissage et broderie

Une autre activité prédominante de l’artisanat local dérive des travaux réalisés sur tissu par les brodeuses. Parmi les instruments les plus utilisés il y a l’ancien châssis salentin, photo-pouilles_050de forme rectangulaire et réalisé en bois d’olivier. Pour nombreux cet instrument remonte à la période de la colonisation hellénique.

Un autre art très diffus est la broderie; Parmi les techniques les plus utilisées nous trouvons le “chiaccherino“, fait avec la canette sur les doigts et le “tombolo” qu’on travaillait en tressant les fils autours des autres pointés sur un dessin, placés sur un gros coussin cylindrique rembourré.

Ces deux activités sont liées à la tradition qui veut que chaque épouse possède un riche trousseau dont la réalisation exigeait le recours à des habiles couturières et brodeuses.

Barbarano del Capo

Barbarano (Aperçus historiques)

La naissance de Barbarano pourrait se situer en 1190, quand les populations de Vereto furent obligées à abandonner leur propre village après le siège des Maures. Ils préférèrent la colline comme lieu de renaissance en l’appelant Vorano, pour ne pas oublier les peuples Barbares qui les avaient contraints à la fuite, en effaçant ainsi une communauté connue depuis la nuit des temps dans tout la Méditerranée.

Quatre Familles se sont succédées pour guider le village : les Capece (1190-1297) suivis par la famille Dell’Antoglietta (1297-1350), puis les D’Aquino pour une génération, avec le retour encore Dell’Antoglietta pour cinquante ans et enfin les Capece (1442-1817).

Leuca Piccola

Le Complexe de « Santa Maria del Belvedere » fut voulu par le baron Don Francesco Annibale Capece de Barbarano en 1685 pour donner un grand lustre à son village, et accorder un repos aux pèlerins avant d’arriver au Sanctuaire de la Sainte Vierge De Finibus Terrae.

photo-pouilles_026L’entier Complexe était doué d’une petite église destinée au culte, d’une auberge et de souterrains creusés dans le carparo longs 70 mètres où les pèlerins pouvaient se reposer. Il y avait en outre trois puits, des écuries et des mangeoires pour les bêtes.

On peut accéder à l’église (4,20×6) à travers un pronaos en style néoclassique, au-dessus est situé le blason de la famille, le lion rampant, en haut la fresque de la Trinité.

À l’intérieur l’église est peinte à fresco avec les Saints de l’église: S. Leonardo, S. Gennaro, S. Lucia, S. Pasquale Baylon, S. Lazzaro, S. Barbara, S. Marina, S. Oronzo, S. Francesco da Paola et les quatre Évangélistes.

Dans la sacristie de facture estimable sont présents deux confessionnels creusés dans le mur, la clef de voûte et un petit bénitier pour le lavage des mains du prêtre.

Un petit escalier porte à l’étage supérieur en constituant ainsi une église fortifiée avec couverture à cabane.

Les « Vore »

Les « Vore » sont deux cavités de nature karstique, situées à l’abri du Complexe de Leuca Piccola à Barbarano. La « Vora Grande » est profonde 32 mètres, longue 24 et large 16; elle a une forme ellipsoïde et une riche végétation méditerranéenne. La Vora Piccola a des dimensions légèrement inférieures, elle est profonde 30 mètres, longue 22 et large 16; contrairement à la première celle-ci n’est pas visitable.

Différentes sont les légendes transmises au cours des siècles, quelques-unes affirment qu’il s’agit de deux volcans éteints ou des gouffres créés au cours d’une inondation en 1615. Encore plus magique celle historique de l’invasion des Turcs en 1480 contre Salve ou celle contre les Algériens en 1537-1547. L’enfer ouvrit sa bouche en hurlant sa colère et ses menaces, mais le peuple imperturbable y jeta 15 soldats turcs; le diable se calma. Pour la deuxième fois l’enfer ouvrit sa bouche encore plus grande et le peuple y jeta de nouveau l’ennemi, dès lors le silence.

Torre Capece

La Torre Capece est le dernier élément d’un château baronnial du seizième siècle construit par la famille Capece ; la forme quadrangulaire détermine sa majesté. Vingt corbeaux ornent la tour, des mâchicoulis et différentes ouvertures témoignent sa fonction défensive imposante.

Dix-huit mètres de hauteur sont repartis en trois étages, le premier étage était la place de garde avec une seule fenêtre et dessous il y avait une trappe dans le plancher, probablement une tombe ou un simple refuge.

Un escalier étroit mène au deuxième étage agréablement ample, avec quatre fenêtres pour chaque côté, le même escalier mène à la terrasse qui présente sept ouvertures utilisées pour y ranger les canons. Au rez-de-chaussée la cour permet l’accès aux logements et locaux de service, à gauche l’écurie avec des voûtes en berceau et le pavage originaire; probablement il y avait aussi un moulin et un splendide jardin qui témoignaient la vie complète de la cour. Il y avait aussi les milieux pour les gardes et deux puits utilisés par la population ; un de ces puits est aujourd’hui ouvert au public. Sur le portail d’entrée le blason de la famille, le Lion Rampant, avec l’inscription “DEPOSE I POTENTI ED ESALTO’ GLI UMILI MDV (1505)” (« IL DÉPOSA LES PUISSANTS ET EXALTA LES HUMBLES »).

Salento: Les Messapiens: le peuple entre les deux mers

Les Messapiens: le peuple entre les deux mers

Les Messapiens étaient les anciens habitants du Salento pendant que Peuceti et Dauni habitaient respectivement dans la terre de Bari et de Foggia. Sur la base de tout ce qui a été dit précédemment pour Erodono, les Messapiens avaient une origine crétoise-mycénienne pendant que pour d’autres sources ils naissent d’un mélange entre crétois et illyriens. Successivement en tenant compte du fait que les rapports commerciaux et migratoires entre les deux rives de l’Adriatique étaient très fréquents, on a supposé qu’ils étaient d’origine balkanique. Récemment on a démontré à travers des sources différentes, parmi lesquelles Polibio (III,88,4), Varrone et Plinio il Vecchio, que l’origine de cette civilisation s’insère d’une façon cohérente dans la grande famille des peuples de la Japigia des Pouilles de provenance illyrienne, c’est-à-dire d’une région située au nord de l’actuelle Albanie.

plage-pouilles_028En outre des sources littéraires attribuent aux Messapiens aussi le surnom de Pelasgi, et ils divisent la Messapia en deux peuples distincts: les Calabri, qui occupaient la zone centre-orientale de l’Adriatique et les Salentini qui s’étaient par contre établis dans la zone ionienne. D’ici dérive la dénomination de Sallentia donnée à la péninsule par Strabone et par Plinio il Vecchio.

La plupart des vagues migratoires provenant des Balkans se vérifièrent autour du VIIIème siècle av.J.-C. quand les rapports avec les Mycéniens se desserrèrent à cause des Doriens qui envahirent la Grèce et qui étouffèrent la civilisation mycénienne. Ceci uni aux irruptions des populations des Apennins, porta une partie des Iapigi à se déplacer dans la péninsule salentine et à assumer le nom de Messapiens, c’est-à-dire de peuple entre les deux mers.

Ils occupèrent toute la péninsule triangulaire salentine qui avait comme sommets Brindisi et Tarente à est et ouest et S.Maria de Leuca au sud.

Dès le début, la péninsule s’entoura de nombreuses petites villes qui atteignirent leur plus grande splendeur au VI-Vème siècle av. J.-C., quand on introduisit l’écriture et l’adoption de l’alphabet grec, l’emploi des pratiques religieuses, quelques-unes très semblables à celles hellénistiques et la transformation des cabanes en habitations avec plusieurs chambres, une cour, des murs en pierre et couverture en tuiles. Ce sont vraiment ceux-ci les éléments qui sont pris en considération pour justifier la provenance de ce peuple de l’Illyrie. Pour les historiens, en effet, ils seraient arrivés de l’Albanie à Otranto autour de l’année 1000 av. J.-C. pour descendre ensuite jusqu’à S. Maria di Leuca et remonter jusqu’à Tarente.

Dans cette civilisation chaque groupe d’établissements voisins ne devait pas être nécessairement une ville, un microcosme peut-être autonome du peuple délimité par les murs, mais uni aux autres de façon idéale par le culte des divinités communes qui représentaient donc le trait d’union entre les différentes communautés qui maintenaient allumé le « feu sacré public », ainsi comme chaque famille devait tenir allumé le feu domestique comme symbole d’unité familiale.

Avec les centres messapiens, un autre élément qu’il faut considérer pour comprendre mieux cette civilisation sont les nécropoles. Beaucoup sont parvenues jusqu’à nos jours dans un bon état de conservation. Elles étaient creusées généralement dans les terrains suivant la forme des sarcophages rectangulaires de grandeur différente et elles contenaient au-delà des restes humains d’un ou plusieurs individus aussi des armes, de riches trousseaux de vaisselle en bronze ou céramique et parfois des monnaies d’argent. On a découvert que quelques nécropoles ont aussi été utilisées pendant la période romaine ou encore par plusieurs composants d’un noyau familial.

La civilisation messapienne était très développée par rapport aux autres peuples qui habitaient la péninsule italique au point que les mêmes romains avaient beaucoup à apprendre lorsqu’en 272 av.J.-C. ils conquirent Tarente, Brindisi et tout le Salento Messapien qui fut définitivement romanisé en 90 av.J.-C.

Les restes les plus importants de cette civilisation ont été retrouvés dans le bas Salento: en effet entre Lecce et S. Maria di Leuca sont présents bien 7 centres messapiens:

Vaste, de Poggiardo, est le plus riche de pièces. Ici on a retrouvé des dépôts funéraires, des objets en argent et des restes de murailles étendues reconductibles à l’époque messapienne. Les études effectuées dans ce centre messapien ont permis de découvrir une série d’information concernant la topographie du site dans ses différentes phases de développement. Dans la partie centrale et plus haute de l’agglomération, près de l’actuelle place Dante on a retrouvé des traces consistantes du centre habité messapien remontant au VIII-VII siècle av.J.-C. De celles-ci il a été possible de reconnaître la présence de cabanes à la forme ovale avec un mur d’enceinte de pierres à sec, des déchargements de céramiques provenant de la Japigia et du matériel d’importation grec. Autour du IV-IIIème siècle av.J.-C. les habitations se caractérisées par des fondations à base rectangulaire constituées par plusieurs milieux disposés autour d’une cour. Les milieux avaient probablement des planchers en tuf comprimé et une couverture en tuiles. À l’intérieur de l’ancienne agglomération était situé l’apogée des Cariatides en pierre de Lecce remontant au IVème siècle av.J.-C. pendant que dans la banlieue se développait la nécropole.

Un autre important centre est Vereto, près de Patù, dans les alentours de Leuca. Le premier à parler de Vereto fut Erodono qui au Vème siècle av. J.-C., dans un de ses récits, affirma que les Crétois, en partant de la Grèce pour rejoindre la Sicile, côtoyèrent la Japigia mais surpris par une tempête ils furent transportés sur les côtes de Leuca où ils fondèrent beaucoup de villes parmi lesquelles Iria qui pour quelques spécialistes correspond à la ville de Vereto. Avec l’arrivée des Romains, Vereto devint une importante mairie (la preuve plus évidente est donnée par une pierre du I-IIème siècle apr. J.-C. présente dans l’église de S. Giovanni Battista à Patù) et elle fut liée au reste de l’empire par la Via Traiana qui a été construite par l’empereur Traiano autour du 106 apr.J.-C. comme prolongement de la via Appia. Ce qui reste aujourd’hui de cette ville sont les pièces archéologiques et épigraphiques, les restes des murailles de Vereto et la Centopietre, une construction rectangulaire construite avec 100 blocs de pierre provenant des ruines de l’ancienne ville de Vereto. La naissance de ce monument est liée à de nombreuses légendes. La plus probable veut qu’ avant la bataille entre Chrétiens et Sarrasins, dans une zone nommée « Campo di Re » près de Patù, le chevalier Geminiano aurait été envoyé par les Chrétiens comme messager de paix. Ici il fut tué barbarement et cet évènement déclencha la terrible bataille du 24 juin 877 qui marqua la victoire des chrétiens qui réussirent aussi à récupérer le corps du pauvre Geminiano. Ce fut vraiment au cours de cette occasion que la Centopietre fut construite. Cette thèse est aussi confirmée par de nombreuses fouilles réalisées au cours des années soixante qui ont porté à la découverte de tombes situées à l’intérieur et à l’extérieur de la structure, toutes orientées avec les pieds vers l’orient, selon la tradition byzantine. Un monument semblable à la Centopietre est appelé Cisternale et il est situé dans un autre centre messapien: Vitigliano. Les deux structures ont en commun la forme, l’orientation et le système constructif de la couverture à plaques énormes de sablon à double versant. La seule différence est donnée par le fait que la Centopietre se développe sur l’étage à grands blocs parallélépipèdes sans mortier pendant que le Cisternale est creusé dans la roche avec une superposition artificielle de la couverture.

Ceglie Messapica est le centre qui porte dans son propre nom le témoignage de ses origines; Ceglie dérive très probablement de “kailia” qui signifie dos, éminence, parce qu’il semble que la partie la plus ancienne de la ville fût placée sur la sommité du col où se lève maintenant la place Ognissanti. Dans le musée Archéologique sont présents de riches trousseaux funéraires et une série d’inscriptions trouvées dans de nombreuses tombes messapiennes. C’est par contre, dans le musée de Berlin, qu’est conservée une importante pièce : le cratère à images rouges qui représente la lutte des messapiens contre Diomède.

Autour de l’ancienne agglomération de Ceglie étaient présents trois murs d’enceinte visibles encore aujourd’hui. Le premier est le plus étroit et ancien et il est formé par des blocs mégalithiques à sec pendant que les autres deux situés l’un près de l’autre sont unis entre eux par des murs à sec et un boyau extérieur et ils comprennent un territoire beaucoup plus vaste que l’originaire. On a découvert aussi une porte de la ville avec un boyau extérieur haut 4 m et avec une tour et un quatrième mur d’enceinte avec des Specchie ayant la fonction d’aviser et de défendre. Pour comprendre la raison de la présence d’un système si complexe de murs il faut faire référence à l’histoire. Ceglie avec Oria, Manduria et Carovigno constituaient les premiers centres messapiens qui s’opposaient à l’expansion de Tarente vers l’arrière-pays. En temps de paix et de tranquillité la ville fut munies d’enceintes serrées et proches au centre habité pendant que lorsque les rapports avec Tarente se firent plus tendus les habitants pour se défendre furent obliger à construire une série de murs et de specchie.

Cavallino est un centre messapien qui a conservé intégralement son homogénéité sociale et culturelle. Pour se défendre de Tarente à la fin du VIème siècle av. J.-C., les habitants décident de construire un solide mur d’enceinte autour de la ville et de creuser un fossé tout autour de son périmètre. Les fouilles effectuées dans cette zone ont permis de découvrir beaucoup d’objets: des clous, des aiguilles, de petites boules et des rondelles de terre cuite qui étaient utilisées pour faire jouer les enfants et une petite pyramide avec une inscription dédiée à la divinité féminine Arzeria. Les tombes pour adultes uniformes dans les dimensions et peu profondes avaient une forme rectangulaire, elles étaient creusées dans la roche et elles étaient recouvertes par des plaques en pierre de Lecce. A l’intérieur on a retrouvé des vases, des armes en silex, des figures et des colliers en bronze, beaucoup de monnaies et des clous.

Manduria est l’ancienne capitale messapienne qui doit sa célébrité à la résistance historique que les Messapiens opposèrent aux habitants de Tarente qui voulaient élargir leurs possessions. Un des premiers noyaux de la ville était certainement situé dans les alentours du saut-de-mouton pour Lecce où on a récemment découvert une nécropole remontant au VIIème siècle av.J.-C., dépourvue de fortifications. La Manduria Messapienne était entourée par trois enceintes dont seulement une partie est restée inaltérée jusqu’à nos jours.

L’enceinte intérieure, dont le diamètre est d’environ 842 m et le périmètre de 2187m, a la forme d’un pentagone irrégulier, elle est très haute et elle est formée par des blocs irréguliers superposés les uns aux autres sans l’emploi de mortier qui remontent au Vème siècle av. J.-C. La deuxième construite comme renforcement de la première, remonte au IVème siècle av.J.-C., lorsque se développèrent les objectifs expansionnistes de l’hellénique Tarente vis-à-vis des Messapiens. La troisième enceinte, celle extérieure est la plus imposante, soit pour ses dimensions soit pour les sensations qu’elle suscite. Elle a un périmètre d’environ 5500 m, elle est large entre 5 et 6 m et elle est constituée par deux paramètres extérieurs de blocs carrés à la forme de parallélépipède et parfois de cube et par un remplissage de pierres et de terre. Elle court parallèlement à la première et à la deuxième enceinte sur tous les côtés sauf que sur celui méridional où elle assume une forme irrégulière et qui probablement était le côté le moins dangereux. La partie septentrionale de la dernière enceinte est caractérisée soit par la présence de nombreux passages souterrains qui unissaient la ville avec l’extérieur soit par une importance majeure. Tout ceci fait penser que le côté le plus dangereux exposé à l’attaque des ennemis était celui tourné vers Oria et la côte de l’Adriatique.

Cette dernière enceinte est munie aussi d’un fossé large 6,5 m et profond 5 m. Sur les murs d’enceinte, qui étaient utilisés comme routes de rocade, étaient présentes des portes, peut-être quatre, qui permettaient d’accéder à la ville et en proximité desquelles il y avait l’interruption du fossé. On peut encore aujourd’hui remarquer les trous des gonds qui soutenaient une porte défendue par une tour dont il reste seulement la base rocheuse de forme circulaire.

Près des murailles ont été retrouvées des tombes isolées et de vastes nécropoles dont la plus grande comprend 1284 tombes et représente une des plus grandes nécropoles explorées non seulement dans une zone messapienne mais aussi dans la zone la plus vaste des Pouilles. Les tombes les plus nombreuses remontent au VI-IIIème siècle av.J.-C. mais on a aussi retrouvé des trousseaux funéraires remontant au IIème siècle av.J.-C. et puis à l’époque romaine.

D’autres centres messapiens furent Alezio, Ugento, Otranto, Rocavecchia, Rudie, Lecce, MuroLeccese et Soleto.

Salento: carrefour de peuples….. terre de dominations

Salento: carrefour de peuples….. terre de dominations

– premières populations historiques: crétois et mycéniens

– VIII-III av.J.-C.: messapiens

– VIII av. J.-C. colons grecs

– 326 av. J.-C. – 476 apr. J.-C.: domination Romaine

– 553 apr. J.-C.: domination Byzantine

– 1071-1194: domination Normande

– 1194-1266: domination souabe

– 1266: domination française (Angevins)

– 1442: domination aragonaise

– 1800: deuxième domination Espagnole

Tous ces peuples et ces cultures, même si nés et développés il y a millions d’années, ont laissé un signe ineffaçable en contribuant à créer ce que le Salento représente aujourd’hui: une terre riche d’histoire, monuments, traditions et légendes.

Crétois et Mycéniens

La civilisation minoenne remonte au III-IIème siècle av. J.-C., période dans laquelle l’île de Crète était déjà assez évoluée: on y cultivait l’huile et le raisin et on travaillait le bronze. Mais ce qui contribua au développement et à la richesse de cette civilisation furent les rapports commerciaux continus avec les peuples voisins du sud-est. Les voies de communication plus privilégiées par les crétois étaient les voies maritimes qui leur permettaient de voyager en créant partout de nouveaux villages.

photo-pouilles_140Pour toutes ces raisons on peut supposer qu’ils aient eu des rapports commerciaux aussi dans la partie méridionale des Pouilles étant donné que les routes de la Mer Ionienne et de la Mer Adriatique devaient être bien connues par ce peuple.

Même si parfois les sources littéraires de l’antiquité ne sont pas très dignes de foi, nous devons tenir de toute façon compte du fait que Dionigi di Alicarnasso (Ier siècle av. J.-C.) accueillit une tradition qui affirmait qu’entre 1700-1800 av. J.-C. des populations arcadienne-pélasgiques provenant du Péloponnèse, guidées par Enotrio et Peucezio, fils du roi des Arcades, dépassèrent parmi les tempêtes la Mer Ionienne et elles rejoignirent la péninsule salentine. Même si dans ces cas rien ne peut être affirmé avec certitude, on peut cependant bien supposer que le peuple en question était celui des Mycéniens qui l’emporta successivement sur le désormais disparu peuple crétois. Dans ce contexte il ne serait pas du tout hasardé raconter l’épisode d’Érodono (VII,170) selon lequel ces populations en revenant d’une expédition en Sicile furent transportées par une tempête en Japigia et, ne pouvant plus retourner à la maison, elles donnèrent origine à une nouvelle population: les Japigi Messapiens. La même hypothèse fut confirmée par Tucidide (VII,33,4).

La civilisation mycénienne dura jusqu’au XII-XIème siècle av. J.- C.

Salento Dolmen, menhir et « Specchie »

Dolmen, menhir et « Specchie » 

Ils représentent trois types de monuments, caractéristiques pour leur structure qui, quoique brute et sans la présence d’inscriptions, témoignent la naissance de l’ancienne civilisation méditerranéenne dans le Salento. Des oeuvres du même genre ont été retrouvées seulement en Bretagne, Angleterre, Belgique et en Cornouailles.

photo-pouilles_054Les « Specchie » sont de grands tas de pierres larges 10-15 m et hauts jusqu’à 10 mètres qui ont un développement conique à base circulaire et sont surélevés par rapport à l’environnement. Ces derniers sont situés dans les zones côtières et surélevés de façon à contrôler la mer. Selon quelques palethnologues il s’agissait d’anciennes et grandes constructions utilisées comme habitations faites de pierre sans l’emploi de ciment comme les « trulli » éparpillés dans la province de Lecce et de Bari. Pour d’autres ils représentent par contre des restes de constructions faits par l’homme primitif pour se défendre contre l’ennemi ou des tombeaux honoraires semblables à ceux décrits par Homère, Virgile et donc conformes à la « grave more » que selon Dante couvrit le corps de Manfredi. Selon quelques recherches conduites de1928 à 1934 par Cesare Teofilato, la « Specchia de Castelluzzo », située dans la campagne de Francavilla Fontana, montrait une architecture défensive très claire et des traces de cellules funéraires et des fragments de terre cuite. Tout ceci portait le spécialiste à affirmer que cette Specchia était un sépulcre d’origine très probablement messapienne. D’autres recherches menées en 1941 par la Surintendance aux Antiquités de la région des Pouilles permirent à Ciro Drago de distinguer les Specchie en, Grandes Specchie, qui étaient présentes seulement dans le Salento, principalement sur les côtes, dans des zones surélevées et avaient la fonction de défendre les zones environnantes;

et Petites Specchie, présentes dans toute la Japigia, remontant à l’âge du fer, et qui avaient à leur intérieur une cellule centrale qui rappelait les Dolmens, puisque formée par de grosses plaques avec une petite porte vers Orient et un petit dromos. Près de Martano est présente la Specchia dei Mori qui, d’une éminence, domine la plaine qui s’étend jusqu’à 15 km et près de laquelle passe l’ancienne route romaine Traiano-Calabra qui réunissait Otranto à Brindisi.

Beaucoup de specchie sont malheureusement encore aujourd’hui objets de destruction. D’après une recherche réalisée au début du 1900, par C. De Giorgi, il y en avait à l’époque environ une trentaine. S’il est vrai que beaucoup d’elles ont survécu, il est aussi vrai cependant que de beaucoup d’autres sont restés seulement les noms dérivés des dominations des villages adjacents.

Les Dolmens sont de petites chambres rectangulaires formées par huit ou plusieurs piliers monolithiques qui s’appuient sur la roche et qui soutiennent une plaque de couverture. Les dolmens sont bruts, ils ne présentent aucune gravure et ils peuvent atteindre une hauteur maximum d’un mètre et demi du sol. Les pierres qui permettent de créer les murs latéraux du dolmen et la plaque supérieure sont semblables à celle sur laquelle ils se lèvent. Ceci fait penser que le matériel utilisé pour la construction a été pris dans les alentours. Beaucoup soutiennent que les dolmens actuels étaient autrefois précédés par une double file de plaques toujours elliptiques, plantées et disposées à couloir (dromos). Cependant, ceci n’est pas visible dans aucun des dolmens présents dans le Salento. D’autres auteurs ont affirmé que, peut-être, autrefois ils étaient recouverts de la terre qui progressivement avait été portée par la pluie en laissant ainsi à nue seulement la cellule funéraire. Les dolmens plus intéressants du Salento sont 7, et ils ont été découverts entre 1893 et 1910 dans les campagnes de Giurdignano près d’Otranto. D’autres dolmens sont présents dans les alentours de Minervino, Castro, Melendugno et Tarente.

Les menhirs sont constitués par contre par une seule pierre à la forme de parallélépipède à la base rectangulaire, assez carrée et encastrée dans le sol ou presque toujours dans la roche. Les menhirs du Salento, dont la caractéristique principale est donnée par le fait que leurs côtés plus larges sont orientés du nord au sud, ont normalement une hauteur de 4 mètres et ils sont très semblables à ceux présents en Cornouailles, en Angleterre, aux Baléares et dans le territoire de Bari et Sarde. Pour beaucoup de spécialistes les menhirs avaient un sens religieux qui cependant fut changé avec l’avènement du Christianisme. En effet, qui soutient cette thèse affirme que l’Église chercha continuellement de détruire la litholatrie et en ne réussissant pas elle tenta de christianiser ces anciens signes du culte païen en imposant de graver des croix sur leurs murs. Ce fut ainsi qu’ils furent transformés en Hosanna et ils devinrent des lieux de culte où ils se rendaient en procession pour invoquer la Grâce du Ciel. Le seul menhir qui peut encore être visible dans le Capo di Leuca se trouve à Giuliano, petite fraction de Castrignano del Capo. Ce menhir a la forme d’un champignon avec la tête allongée, il est haut 2 m et il est constitué par un carparo jaunâtre.

Le Salento – son histoire

Le Salento – son histoire 

Le Salento est situé dans la partie péninsulaire et sud-orientale des Pouilles et il est mouillé à l’ouest par la mer Ionienne et à l’est par l’Adriatique. Il comprend toute la province de Lecce, presque toute celle de Brindisi et une partie de celle de Tarente qui en ont comme frontière l’axe qui unit Brindisi à Tarente. Depuis l’antiquité le Salento a été un pont entre l’est et l’ouest, un lieu de passage entre les différentes civilisations qui sont encore aujourd’hui visibles et distinguables sur le territoire entier.

photo-pouilles_107Il peut être aussi défini une île soit à cause de sa périphéricité géographique par rapport au reste de l’Italie soit pour son éloignement linguistique-dialectal du reste des Pouilles.

On peut affirmer qu’il fut habité dès la préhistoire, comme le témoignent de nombreuses pièces archéologiques parmi lesquelles des os humains et de mammifères, ainsi que des objets en silex retrouvés dans de nombreuses grottes éparpillées dans les zones côtières. Dans la grotte dei Cervi à Porto Badisco sont encore aujourd’hui visibles des peintures rupestres remontant à la période Néolithique qui représentent non seulement au niveau national mais surtout européen un des témoignages les plus importants de cette période. Dans la Grotte delle Veneri ont été retrouvées des statuettes justement nommées Veneri (“Vénus”), remontant à il y a 15000 ans, qui représentent un des plus anciens témoignages humains dans le Salento. Les deux statuettes qui ont une longueur de 9 et 6 cm, ont des caractéristiques semblables aux vénus paléolithiques de l’Europe Orientale.

Les nombreux dolmens et menhirs présents dans le Salento témoignent déjà à partir de l’âge du Bronze la présence de populations indo-européennes. Ce furent les Messapiens, autour du Vème siècle av. J.-C., à s’installer dans cette région en se consacrant à l’agriculture et à l’élevage mais aussi à la construction des premiers murs à sec. Cependant, déjà au VIIIème siècle av. J.-C., les Grecs s’étaient installés sur les côtes salentines en créant les premières petites villes de la Grande-Grèce. En effet, encore aujourd’hui, est présente dans le Salento une zone bien définie, qui comprend neuf communes, nommées Grecia Salentina qui porte les signes de l’ancienne domination grecque, surtout d’un point de vue linguistique mais aussi architectural, gastronomique et folklorique. Avec l’avènement des Romains, le Salento devint une province de l’empire, mais seulement d’un point de vue administratif et non culturel, étant donné que les rapports avec la zone balkanique restèrent très intenses. Ils faiblirent seulement avec la domination byzantine qui fut tellement profonde et constante à modifier encore une fois les us et coutumes de ces populations. Très importante dans cette période fut l’attitude tenue par l’Église d’Orient qui, avec les moines de S. Basile, fonda cenobi où la population se réunissait en communion, avec esprit de méditation et quelques fois pour y se réfugier.

Une autre étape importante de l’histoire salentine est marquée par les attaques continues de la part des Turcs et de l’extermination advenue à Otranto en 1480. De cet épisode, commença, sous la domination espagnole de Carlo V, la construction des nombreuses tours côtières de repérage présentes dans tout le Salento. Ce fut dans cette période que Lecce commença à devenir un des centres artistiques et culturels plus importants de l’Italie méridionale qui attira des hommes de culture et  des nobles qui contribuèrent à offrir à la ville le style baroque actuel.